Union des artistes

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Oraison a raison

Je m’appelle Fabrice Boutique.

Je suis acteur et travailleur des arts, et apolitique depuis peu.

J’ai travaillé à la télévision, au théâtre et au cinéma, mais aussi dans le chant, les festivals, la radio, le doublage, la danse contemporaine, la mise en scène, la création d’événements et de happenings.

J’ai notamment créé des freezings, ces instants suspendus où l’art surgissait dans la rue, au milieu de la vie quotidienne, pour offrir quelques minutes de poésie à des passants qui ne s’y attendaient pas.

Comme beaucoup d’autres artistes, je n’ai jamais exercé un seul métier bien rangé dans une petite case. J’en ai exercé plusieurs. Parce que notre métier fonctionne ainsi.

Nous jouons dans une pièce, puis dans un film. Nous tournons quelques jours pour une série, puis nous faisons du doublage. Nous chantons, nous dansons, nous écrivons, nous mettons en scène, nous créons un événement.

Nous passons d’un projet à un autre, d’une équipe à une autre, d’un contrat à un autre.

Nous sommes des milliers à vivre ainsi.

Pas pour devenir célèbres. Pas pour devenir riches.

Mais pour créer, partager, questionner, et rendre ce monde un peu plus beau.

Pendant des décennies, nous vous avons fait rire.

Nous vous avons fait rêver.

Nous vous avons fait chanter et danser.

Nous vous avons accompagné·es lorsque vous étiez enfants, présent·es dans vos fêtes, vos histoires d’amour, vos dimanches en famille.

Nous vous avons parfois aidé·es à traverser des moments de tristesse, de solitude, ou de deuil.

Le temps d’un film, d’une chanson, d’une pièce, vous avez pu quitter votre quotidien.

Vous avez pu respirer.

Vous avez pu rire alors que vous n’en aviez pas très envie.

Vous avez pu pleurer devant une histoire et vous sentir moins seul·es dans la vôtre.

Vous avez pu découvrir d’autres vies, d’autres langues, d’autres cultures.

Vous avez pu changer, tout simplement.

C’est cela aussi, la culture.

Ce n’est pas un supplément décoratif.

C’est ce qui nous aide à supporter les jours qui le sont moins.

Et derrière chaque moment que vous avez vécu grâce à une œuvre, il n’y avait jamais une seule personne.

Il y avait une équipe — quatre, cinq, trente, cinquante, parfois plus de cent.

Et ces projets se comptent par dizaines de milliers.

Derrière chaque chanson, chaque film, chaque série, chaque pièce, chaque concert, il y a des auteur·ices, des compositeur·ices, des musicien·nes, des comédien·nes, des danseur·euses, des scénaristes, des réalisateur·ices, des metteur·euses en scène, des producteur·ices, des décorateur·ices, des costumier·ères, des technicien·nes de son et de lumière, des monteur·euses, et des dizaines d’autres professionnel·les.

La majorité d’entre elles et eux ne sont pas célèbres et ne le deviendront jamais.

Mais ils et elles travaillent. Ils et elles créent. Ils et elles cotisent.

Et ils et elles ont construit notre mémoire collective.

📺 VOUS AVEZ GRANDI AVEC ELLES & EUX

Vous étiez peut-être enfant devant Ici Bla-Bla.

Vous vous souvenez de Bla-Bla, de Wilbur Disquedur, de Mamy Nelly, de Clic, de Raton et de la Blamatique.

Derrière cet univers, il y avait notamment Benoît de Leu, Françoise Wibert, Éric De Staercke, Marie-Paule Kumps, Carole Karemera, Maud Lefèvre, Véronique Decroes et Hugues Hausman.

Mais aussi des auteur·ices, des réalisateur·ices, des manipulateur·ices, des décorateurs·ices, des costumier·ères, des accessoiristes, des cadreur·euses, des monteur·euses et des technicien·nes.

En Flandre, vous avez peut-être grandi avec Samson en Gert, Dag Sinterklaas, Kulderzipken, Tik Tak, Het Liegebeest, Merlina, Postbus X, Interflix, Buiten De Zone ou De Boomhut.

Vous vous souvenez de Samson, de Gert, d’Alberto, du bourgmestre, d’Octaaf, de Marlène et de tous ces personnages qui ont habité les après-midi et les vacances de plusieurs générations.

Derrière eux se trouvaient notamment Gert Verhulst, Danny Verbiest, Koen Crucke, Walter De Donder, Carry Goossens, Walter Baele, Ann Petersen, Barbara De Jonge et bien d’autres interprètes.

Et derrière ces interprètes, encore une fois, toute une équipe.

Les enfants qui regardaient Bla-Bla ou Samson dans les années 1990 ont aujourd’hui trente-cinq, quarante, quarante-cinq ou cinquante ans.

Les personnes qui fabriquaient leur enfance ont aujourd’hui cinquante, soixante ou soixante-cinq ans.

C’est d’elles et eux que nous parlons.

Vous avez peut-être regardé Bon week-end, Copie conforme, Génies en herbe, La Télé infernale, Le Jeu des dictionnaires, La Semaine infernale, Les Enfants de chœur, Signé Taloche, C’est du belge, Strip-Tease, Tout ça ne nous rendra pas le Congo, Le Jardin extraordinaire, Une brique dans le ventre, Le Beau Vélo de RAVeL, Sans chichis, 69 minutes sans chichis, Questions à la Une, Mise au point, Télévie, Pour la gloire, Dix qu’on aime, Place Royale, I comme, Images à l’appui, Septante et un, Le Grand Cactus ou The Voice Belgique.

Vous avez peut-être aussi regardé De Drie Wijzen, Morgen Maandag, Schalkse Ruiters, Alles Kan Beter, Het Peulengaleis, De XII Werken van Vanoudenhoven, De Mol, Man bijt hond, De Slimste Mens ter Wereld, De Laatste Show, De Pappenheimers, Zonde van de Zendtijd ou Mag Ik U Kussen?

Vous connaissiez les visages à l’écran.

Mais connaissiez-vous les personnes qui écrivaient leurs textes, construisaient leurs décors, réglaient leurs lumières, créaient leurs costumes, enregistraient leur son et montaient leurs images ?

Ils et elles travaillaient elles et eux aussi.

🎬 VOUS AVEZ REGARDÉ LEURS SÉRIES

Vous avez peut-être ri devant Faux Contact, créé par Manu Thoreau, Charlie Dupont et Benoît Forget.

Vous avez peut-être suivi Septième Ciel Belgique, avec Stéphanie Van Vyve, Gudule, Nicole Shirer, Antoine Vandenberghe, Robert Guilmard, Yannick Renier, Anaël Snoek et Mehdi Dehbi.

Vous avez peut-être regardé Melting Pot Café, avec Stéphane Bissot, Fabrice Murgia, Tsilla Chelton, Patrick Spadrille, Laurent Van Wetter, André Simon, Fabrice Boutique, Maryvonne Michel, Raphaëlle Lubansu, Marie Simons, Carole Weyers, Mourade Zeguendi et Salvatore Adamo.

Autour de nous travaillaient Jean-Luc Goossens à l’écriture, Jean-Marc Vervoort à la réalisation, Catherine Burniaux à la production et toute une équipe de tournage.

Nous étions les visages que vous voyiez.

Mais nous n’étions pas seul·es.

Une série n’existe pas uniquement grâce à ceux qui apparaissent à l’écran.

Elle existe grâce à toutes les personnes dont les noms défilent parfois si vite dans le générique que personne n’a le temps de les lire.

Vous avez peut-être regardé À tort ou à raison, Esprits de famille, Typique, Euh, La Trêve, Ennemi public, Unité 42, La Théorie du Y, Champion, Lucas etc., La Forêt, Coyotes, Invisible, Pandore, Baraki, Des gens bien, Trentenaires ou 1985.

Certaines de ces séries ont été produites après 2014.

Mais une grande partie de leurs comédien·nes, auteur·ices, réalisateur·ices et technicien·nes avaient commencé leur carrière bien avant cette date.

Une carrière artistique ne commence pas le jour où le public reconnaît enfin votre visage.

Avant un rôle important, il y a souvent dix ou quinze années de théâtre, de petits rôles, de courts métrages, de doublages, de lectures, de répétitions, de publicités et de contrats de quelques jours.

Dans La Trêve, vous avez retrouvé ou découvert Yoann Blanc, Guillaume Kerbusch, Jasmina Douieb, Jean-Henri Compère, Sophie Breyer, Sophie Maréchal, Lara Hubinont, Fabrice Adde, Catherine Salée, Anne Coesens, Aurélien Caeyman et bien d’autres.

En Flandre, vous avez grandi ou vécu avec F.C. De Kampioenen, Thuis, Familie, Flikken, Witse, Heterdaad, Windkracht 10, Recht op Recht, Spoed, Zone Stad, Aspe, Vermist, Code 37, Matroesjka’s, Terug naar Oosterdonk, Het Eiland, In de Gloria, De Parelvissers, Van Vlees en Bloed, De Ronde, Quiz Me Quick, Clan, Salamander, Eigen Kweek, Safety First et tant d’autres séries.

Vous y avez vu Jan Decleir, Chris Lomme, Jo De Meyere, Gilda De Bal, Els Dottermans, Sien Eggers, Wim Opbrouck, Frank Focketyn, Tom Van Dyck, Peter Van den Begin, Bruno Vanden Broecke, Lucas Van den Eynde, Tania Van der Sanden, An Miller, Koen De Graeve, Koen De Bouw, Warre Borgmans, Gene Bervoets, Dirk Roofthooft, Dirk Van Dijck, Vic De Wachter, Carry Goossens, Jaak Van Assche, Marijn Devalck, Johny Voners, Ann Tuts, Loes Van den Heuvel, Herman Verbruggen, Mark Tijsmans, Ludo Hellinx, Andrea Croonenberghs, Hubert Damen, Daan Hugaert, Inge Paulussen, Tom Audenaert, Wouter Hendrickx, Bert Haelvoet, Johan Heldenbergh, Valentijn Dhaenens, Natali Broods, Sara De Bosschere, Veerle Baetens, Barbara Sarafian et beaucoup d’autres.

Dans chaque épisode, il y avait des comédien·nes devant la caméra.

Mais aussi des auteur·ices, des réalisateur·ices, des assistant·es, des responsables de casting, des régisseur·euses, des costumier·ères, des décorateur·ices, des maquilleur·euses, des technicien·nes, des cadreur·euses, des monteurs·euses et des équipes de production.

Un générique n’est pas une décoration.

C’est une liste de personnes qui ont travaillé.

🎭 VOUS LES AVEZ APPLAUDI·ES AU THÉÂTRE

Vous avez peut-être vu travailler :

Eve Bonfanti, Yves Hunstadt, Marie-Paule Kumps, Bernard Cogniaux, Éric De Staercke, Philippe Grand’Henry, Laurent Wanson, Jean-Henri Compère, Philippe Jeusette, Thierry Hellin, Jean-Luc Piraux, Patrick Ridremont, Laurence Bibot, Virginie Hocq, Bruno Bulté, Olivier Leborgne, Nathalie Uffner, Jasmina Douieb, Anne-Cécile Vandalem, David Murgia, Fabrice Murgia, Fabrice Boutique, Michel Kacenelenbogen, Georges Lini, Jean-Michel d’Hoop, Frédéric Dussenne, Isabelle Pousseur, Françoise Bloch, Martine Wijckaert, Jean-Marie Piemme, Philippe Blasband, Thomas Gunzig, Laurence Vielle, Geneviève Damas et Isabelle Wéry.

Vous avez peut-être également applaudi Jan Decleir, Chris Lomme, Jo De Meyere, Gilda De Bal, Sien Eggers, Els Dottermans, Katelijne Damen, Viviane De Muynck, Frieda Pittoors, Tania Van der Sanden, Mieke De Groote, Sara De Roo, Natali Broods, Wine Dierickx, An Miller, Maaike Neuville, Ruth Becquart, Veerle Baetens, Barbara Sarafian, Reinhilde Decleir, Wim Opbrouck, Frank Focketyn, Bruno Vanden Broecke, Peter Van den Begin, Lucas Van den Eynde, Tom Van Dyck, Koen De Graeve, Johan Heldenbergh, Josse De Pauw, Dirk Roofthooft, Warre Borgmans, Gene Bervoets, Tom Dewispelaere, Wouter Hendrickx, Bert Haelvoet, Sam Louwyck, Tom Audenaert, Titus De Voogdt, Jan Hammenecker, Damiaan De Schrijver et tant d’autres.

Vous avez peut-être fréquenté le Théâtre National, le Théâtre de Liège, le Théâtre de Namur, le Théâtre de l’Ancre, le Varia, le Théâtre de Poche, Le Public, le Rideau, le Parc, les Galeries, les Tanneurs, La Balsamine, l’Océan Nord, le Marni, l’Atelier 210, le 140, les Riches-Claires, les Martyrs, le Théâtre de la Vie, le Forum de Liège, le Manège de Mons, le Théâtre de la Toison d’Or ou La Monnaie.

Vous avez peut-être aussi fréquenté la KVS, NTGent, Toneelhuis, deSingel, Vooruit, Kaaitheater, Arenberg, Bourla, Theater Antigone, Het Paleis, Bronks, Monty, Campo, STUK, De Kopergietery, Malpertuis, Zuidpool, Het Gevolg, Laika, Ultima Vez, Rosas, Needcompany, tg STAN, De Roovers, Olympique Dramatique, Compagnie De Koe ou Het Nieuwstedelijk.

Vous avez peut-être vu Rwanda 94, Mission, Discours à la nation, Mistero Buffo, Blockbuster, Nourrir l’humanité, c’est un métier, La Convivialité, Kiss & Cry, Cold Blood, Laïka, Fritland, Rumeur et petits jours, Le Signal du promeneur, Tristesses, Arctique, Décris-ravage, L.U.C.A., Moutoufs ou Est-ce qu’on ne pourrait pas s’aimer un peu ?

Le rideau ne se levait pas tout seul.

Derrière les interprètes se trouvaient des metteur·euses en scène, des scénographes, des dramaturges, des régisseur·euses, des costumier·ères, des créateur·ices lumière, des ingénieur·es du son, des machinistes, des administrateur·ices de compagnie et des technicien·nes.

😂 VOUS AVEZ RI AVEC LA LIGUE D’IMPRO ET LES HUMORISTES

La Ligue d’improvisation belge a été une pépinière extraordinaire.

Vous avez pu y voir ou y découvrir Bernard Cogniaux, Éric De Staercke, Marie-Paule Kumps, Bruno Bulté, Gudule, Patrick Ridremont, Laurence Bibot, Virginie Hocq, Olivier Leborgne, Nathalie Uffner, Nicolas Buysse, Emmanuel Dekoninck, Jean-Marc Cuvelier, Jean-Claude Dubiez, Laurent Dauvillée, Michel Duprez, Xavier Elsen, Boris Prager, Laurent Renard, Julien Rombaux, Nicolas Tondreau et Fabio Zenoni, parmi tant d’autres.

Improviser ne signifie pas arriver sans travail.

Cela demande des années de formation, de pratique, d’écoute, de répétition et de maîtrise.

Un match exige aussi des musicien·nes, un arbitre, un·e maître de cérémonie, une régie, une équipe technique, une billetterie et une salle.

Vous avez peut-être aussi ri avec François Pirette, les Frères Taloche, Marc Herman, Bruno Coppens, Zidani, Alex Vizorek, Guillermo Guiz, Kody, Virginie Hocq, Laurence Bibot, François Damiens, Renaud Rutten, Jean-Luc Couchard, Jérôme de Warzée, Cécile Djunga, Nawell Madani, Pablo Andres, PE, Manon Lepomme ou Fanny Ruwet.

Et en Flandre avec Urbanus, Geert Hoste, Jacques Vermeire, Kamagurka, Herr Seele, Wim Helsen, Wouter Deprez, Alex Agnew, Philippe Geubels, Gunter Lamoot, Henk Rijckaert, Raf Coppens, Michael Van Peel, Xander De Rycke, Nigel Williams, Begijn Le Bleu, Thomas Smith, Bert Gabriëls, Els De Schepper, Nele Bauwens, Han Coucke, Jeroen Leenders ou William Boeva.

Même lorsqu’une personne semble seule sur scène, elle ne l’est pas.

Quelqu’un a écrit, conseillé, produit, programmé, transporté, éclairé et sonorisé le spectacle.

🎥 VOUS AVEZ VU LEURS FILMS

Vous avez ri, pleuré ou réfléchi devant :

Toto le héros, C’est arrivé près de chez vous, Daens, La Promesse, Le Huitième Jour, Farinelli, Ma vie en rose, Rosetta, Camping Cosmos, Manneken Pis, Les Convoyeurs attendent, Une liaison pornographique, Le Fils, L’Enfant, Le Silence de Lorna, Le Couperet, Odette Toulemonde, Dikkenek, JCVD, Mr. Nobody, Eldorado, Calvaire, Home, La Raison du plus faible, Les Barons, Panique au village, Illégal, Bullhead, À perdre la raison, Deux jours, une nuit, Le Tout Nouveau Testament, La Fille inconnue, Girl, Nos batailles, Tueurs, Le Fidèle, Black, Alabama Monroe, Grave, Je suis mort mais j’ai des amis, Les Premiers, les Derniers, Le Jeune Ahmed, Ernest et Célestine et tant d’autres.

Vous avez aussi vu Koko Flanel, Ad Fundum, Rosie, Tout doit disparaître, Pauline et Paulette, La Mémoire du tueur, Steve + Sky, Any Way the Wind Blows, Confituur, Ben X, Loft, Moscou, Belgique, Dossier K., Adem, Hasta la vista, Marina, Le Verdict, Belgica, D’Ardennen et La Merditude des choses, réalisé par Felix Van Groeningen, avec notamment Koen De Graeve, Johan Heldenbergh, Valentijn Dhaenens, Wouter Hendrickx, Gilda De Bal, Bert Haelvoet, Natali Broods et Sara De Bosschere.

Vous avez reconnu Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau, Bouli Lanners, Cécile de France, Émilie Dequenne, Lubna Azabal, Natacha Régnier, Déborah François, Virginie Efira, Anne Coesens, Catherine Salée, Stéphanie Blanchoud, Erika Sainte, Christelle Cornil, Marie Kremer, Pauline Étienne, Lucie Debay, Astrid Whettnall, Anne-Pascale Clairembourg, Jérémie Renier, Olivier Gourmet, Fabrizio Rongione, François Damiens, Charlie Dupont, Laurent Capelluto, Mourade Zeguendi, Yoann Blanc, Guillaume Kerbusch, Jean-Henri Compère, Philippe Grand’Henry, Jean-Jacques Rausin, Angelo Bison, Patrick Ridremont, Serge Larivière, Jean-Luc Couchard, Renaud Rutten, Achille Ridolfi, Marc Zinga, David Murgia, Fabrice Murgia, Fabrice Boutique, Fabrice Adde et Benoît Mariage.

Vous avez aussi reconnu Jan Decleir, Koen De Bouw, Matthias Schoenaerts, Veerle Baetens, Johan Heldenbergh, Koen De Graeve, Peter Van den Begin, Wim Willaert, Sam Louwyck, Tom Audenaert, Jeroen Perceval, Gene Bervoets, Dirk Roofthooft, Filip Peeters, Kevin Janssens, Geert Van Rampelberg, Wouter Hendrickx, Bert Haelvoet, Valentijn Dhaenens, Natali Broods, Sara De Roo, Wine Dierickx, Maaike Neuville, Barbara Sarafian, Els Dottermans, Gilda De Bal, Chris Lomme, Katelijne Damen, Sien Eggers, Charlotte Vandermeersch, Ruth Becquart, Tine Reymer, Sara De Bosschere et tant d’autres.

Certains de ces films ont été sélectionnés ou récompensés à Cannes, aux Oscars, aux Magritte, aux Ensors et dans des festivals internationaux.

Mais le cinéma belge n’existe pas seulement grâce aux acteur·ices et réalisateur·ices célèbres.

Pour chaque nom inscrit en grand sur l’affiche, des dizaines d’autres figurent dans le générique : assistant·es, figurant·es, chef·fes opérateurs, décorateur·ices, costumier·ères, régisseur·euses, machinistes, monteur·euses, musicien·nes, mixeur·euses, ingénieur·es du son et technicien·nes.

Un film peut engager un·e comédien·ne pendant une journée, un·e décorateur·ice pendant plusieurs semaines et un·e monteur·euse pendant plusieurs mois.

Toutes et tous ont travaillé.

Toutes et tous ont participé à l’œuvre.

🎵 VOUS AVEZ CHANTÉ AVEC ELLES ET EUX

Vous avez chanté ou dansé sur les chansons de :

Arno, Maurane, Pierre Rapsat, Axelle Red, Vaya Con Dios, Dani Klein, Marie Daulne, Zap Mama, Salvatore Adamo, Toots Thielemans, Philip Catherine, Beverly Jo Scott, Claude Semal, Marka, Saule, Suarez, Marie Warnant, Karin Clercq, Sttellla, Jean-Luc Fonck, dEUS, Hooverphonic, K’s Choice, Soulwax, 2ManyDJs, Front 242, Vive la Fête, Ghinzu, Sharko, Venus, Puggy, Girls in Hawaii, Ozark Henry, Novastar, Absynthe Minded, Balthazar, Triggerfinger, The Black Box Revelation, Zita Swoon, Stromae, Selah Sue, Mélanie De Biasio, Loïc Nottet, Mustii, Alice on the Roof, Typh Barrow, Blanche, Angèle, Claire Laffut, Noé Preszow, Starflam, Baloji, Damso, Hamza, Shay, Roméo Elvis, Caballero & JeanJass, Scylla, Isha, L’Or du Commun, La Smala, Aka Moon, Nathalie Loriers, Steve Houben, Brussels Jazz Orchestra et Urban Trad.

Vous avez peut-être aussi écouté Will Tura, Raymond van het Groenewoud, Johan Verminnen, Wannes Van de Velde, Jan De Wilde, Kris De Bruyne, Willem Vermandere, Urbanus, Clouseau, Gorki, Noordkaap, The Scabs, The Kids, Red Zebra, TC Matic, Technotronic, The Radios, Soulsister, Praga Khan, Lords of Acid, Milk Inc., K3, Laïs, Kadril, Helmut Lotti, Natalia, Milow, Gabriel Rios, Daan, Admiral Freebee, Flip Kowlier, Tourist LeMC, Bart Peeters, Kommil Foo, Yevgueni, De Mens, Brihang, Zwangere Guy, Coely, Bazart, Oscar and the Wolf, Tamino et Charlotte Adigéry.

Mais lorsque vous applaudissiez Arno, il n’était pas seul.

Lorsque vous écoutiez Vaya Con Dios, il n’y avait pas seulement Dani Klein.

Lorsque vous applaudissiez Clouseau, il n’y avait pas seulement Koen et Kris Wauters.

Lorsque Marie Warnant, Karin Clercq, Maurane, Raymond van het Groenewoud, dEUS ou Hooverphonic montaient sur scène, ils ne se matérialisaient pas seul·es sous un projecteur.

Autour de chaque chanteur·euse se trouvent des auteur·ices, des compositeur·ices, des musicien·nes, des choristes, des arrangeur·euses, des producteur·ices, des ingénieur·es du son, des régisseur·euses, des technicien·nes lumière, des roadies, des graphistes, des photographes, des réalisateur·ices de clips et des équipes de tournée.

Une seule personne sous les projecteurs peut représenter le travail de trente autres personnes.

🎪 VOUS AVEZ VÉCU LEURS FESTIVALS

Vous avez dansé à Dour, Couleur Café, aux Ardentes, à Esperanzah!, aux Francofolies de Spa, aux Nuits Botanique, au Brussels Summer Festival, à LaSemo, à Ronquières, aux Solidarités, à Scène sur Sambre, à Roots & Roses, à la Fête de la Musique, au Festival de Wallonie, au BIFFF, au FIFF de Namur, à Anima ou à Chassepierre.

Vous êtes peut-être allés à Rock Werchter, Pukkelpop, Tomorrowland, Graspop, Marktrock, Suikerrock, Dranouter, Cactusfestival, Gent Jazz, Jazz Middelheim, Sfinks, Laundry Day, I Love Techno, Groezrock, Lokerse Feesten, Maanrock, Genk on Stage, Boomtown, aux Gentse Feesten, à Theater Aan Zee, au Film Fest Gent, au Festival international du court métrage de Louvain, au Kunstenfestivaldesarts ou au TheaterFestival.

Vous avez découvert des artistes dans la Rotonde, l’Orangerie ou le Witloof Bar du Botanique.

Mais un festival n’est pas seulement une affiche.

C’est une ville temporaire.

Il faut programmer, transporter, construire, câbler, éclairer, sonoriser, accueillir, filmer, photographier, sécuriser, démonter et ranger.

Pendant que le public danse pendant une heure, certaines équipes travaillent depuis l’aube.

🎪 VOUS AVEZ CROISÉ LEUR ART DANS LA RUE

Vous avez peut-être découvert un spectacle sans même avoir acheté de billet.

Au détour d’une place, d’une ruelle, d’une gare, d’un marché, d’un parc ou d’un quartier, vous êtes tombés sur un·e comédien·ne, un·e danseur·euse, un·e musicien·ne, un·e acrobate, une marionnette géante, un·e échassier·ère, un·e jongleur·euse, un·e cracheur·euse de feu, un·e clown, un·e conteur·euse, un·e performeur·euse ou une installation vivante.

Vous avez peut-être assisté à un spectacle à Chassepierre, à Namur en Mai, à Sortilèges, Rue et Vous !, à Rue du Bocage, aux Fêtes de la musique, aux Gentse Feesten, à la Zinneke Parade, à un parcours d’artistes, à un carnaval, à une fête communale ou à l’un des nombreux festivals de rue organisés partout en Belgique.

Les arts de la rue rassemblent le théâtre, le cirque, la danse, la musique, les arts forains, les marionnettes, les installations, les performances, les fanfares, les arts visuels et parfois toutes ces disciplines au sein d’une même création.

Vous avez peut-être vu une façade devenir un décor.

Une place devenir une scène.

Un passage piéton devenir un espace chorégraphique.

Une foule s’immobiliser soudainement lors d’un freezing.

Une rue ordinaire devenir, pendant quelques minutes, un endroit inattendu, étrange, drôle ou poétique.

Ces instants semblaient peut-être spontanés.

Mais ils avaient été imaginés, écrits, répétés, organisés et sécurisés.

Il avait fallu des interprètes, des metteur·euses en scène, des chorégraphes, des musicien·nes, des constructeur·rices, des costumier·ères, des régisseur·euses, des technicien·nes, des responsables de production, des personnes chargées des autorisations, de la circulation, du montage, du son et de l’accueil du public.

La poésie dans la rue ne tombe pas davantage du ciel que le cinéma ou le théâtre.

Elle est elle aussi le résultat d’un travail.

🎨 VOUS AVEZ REGARDÉ LEURS PEINTURES, LEURS SCULPTURES ET LEURS CRÉATIONS

La culture ne se limite pas à celles et ceux qui montent sur une scène ou apparaissent sur un écran.

Elle est aussi créée dans les ateliers.

Vous avez peut-être regardé une peinture, une sculpture, une photographie, une gravure, une illustration, une bande dessinée, une installation, une vidéo, une œuvre numérique, une céramique, une tapisserie, un objet en verre, un bijou, une création textile ou une œuvre réalisée dans l’espace public.

Vous avez peut-être rencontré le travail de René Magritte, Paul Delvaux, Pierre Alechinsky, Marcel Broodthaers, Roger Raveel, Luc Tuymans, Michaël Borremans, Berlinde De Bruyckere, Ann Veronica Janssens, Francis Alÿs, Jan Fabre, Wim Delvoye, Panamarenko, Jef Geys, Guillaume Bijl, Jacques Charlier, Jacques Lizène, Thierry De Cordier, Johan Muyle, Marie-Jo Lafontaine, Michel François, Patrick Corillon, Angel Vergara, Emilio López-Menchero, Edith Dekyndt, Joëlle Tuerlinckx, Sophie Whettnall, Aglaia Konrad, Ana Torfs, Annemie Van Kerckhoven, Els Dietvorst, Honoré d’O, Koen Vanmechelen, David Claerbout, Hans Op de Beeck, Rinus Van de Velde, Charif Benhelima, Bady Minck, Valérie Mannaerts, Nadia Naveau, Philip Aguirre y Otegui, Stephan Balleux, Fabrice Samyn, Ariane Loze, Messieurs Delmotte, Kendell Geers, Pascale Marthine Tayou, Otobong Nkanga et de très nombreux autres artistes installés ou formés en Belgique.

Vous avez peut-être lu les dessins et les histoires de Hergé, Franquin, Peyo, Morris, Jijé, Will, Roba, Tibet, Hermann, François Schuiten, Benoît Peeters, Philippe Geluck, Jean Van Hamme, Didier Comès, François Walthéry, André Juillard, Midam, Zidrou, Olivier Schrauwen, Brecht Evens, Dominique Goblet, Judith Vanistendael, Nicolas Wouters, Aimée de Jongh, Johan De Moor, Nix ou de centaines d’illustrateurs, dessinatrices, coloristes et auteurs de bande dessinée.

Mais une œuvre exposée n’est pas seulement un objet accroché à un mur.

Avant d’y arriver, elle a souvent nécessité des années de formation, de recherches, d’essais, de matériaux achetés, d’ateliers loués, de dossiers déposés, de résidences, de concours, d’expositions collectives et de travail parfois non rémunéré.

Les artistes plasticien·nes ne reçoivent pas un salaire chaque fois qu’une personne regarde leur œuvre.

Ils doivent créer avant de savoir si l’œuvre sera vendue, exposée ou même montrée.

Ils investissent dans les peintures, les pigments, les toiles, le bois, le métal, la pierre, l’argile, les appareils photographiques, les logiciels, les impressions, les ateliers, le transport et le stockage.

Ils travaillent parfois pendant plusieurs mois sur une œuvre qui ne sera jamais achetée.

Cela aussi est une carrière discontinue.

Cela aussi est du travail.

🖼️ VOUS ÊTES ENTRÉ·ES DANS LEURS GALERIES, LEURS CENTRES D’ART ET LEURS ATELIERS

Vous avez peut-être poussé la porte d’une galerie sans connaître le nom de l’artiste.

Vous avez peut-être assisté à un vernissage, parcouru un atelier ouvert au public, visité une exposition collective ou participé à un parcours d’artistes dans votre quartier.

Vous avez peut-être découvert des œuvres à BOZAR, au WIELS, au BPS22, au MACS du Grand-Hornu, à La Boverie, au Botanique, à la CENTRALE, au MIMA, au Musée d’Ixelles, au Musée de la Photographie de Charleroi, au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, au Musée Félicien Rops, au Musée L, au S.M.A.K., au M HKA, au KMSKA, à Mu.ZEE, au Middelheimmuseum, à Z33, au Museum M, au Roger Raveelmuseum, au FOMU, au Design Museum Gent, à Kanal, à iMAL, à la Fondation Boghossian, au Centre Wallonie-Bruxelles ou dans l’une des très nombreuses galeries belges.

Vous avez peut-être fréquenté Art Brussels, la BRAFA, Brussels Gallery Weekend, Museum Night Fever, Europalia, PhotoBrussels Festival, la Biennale de la Photographie, Contour, la Triennale de Bruges, Watou, Kunstenfestivaldesarts, une biennale, un salon du dessin, un marché de créateurs ou une exposition dans un centre culturel communal.

Mais derrière une exposition se trouvent des artistes peintres, des sculpteur·euses, des photographes, des vidéastes, des graveur·euses, des illustrateur·ice, des dessinateur·ices de bande dessinée, des céramistes, des verrier·ères, des créateur·ices textiles, des designers, des artistes numériques, des performeur·euses, des commissaires d’exposition, des galeristes, des critiques et historien·nes de l’art, des scénographes, des régisseur·euses d’œuvres, des restaurateur·ices, des encadreur·euses, des socleur·euses, des éclairagistes, des graphistes, des imprimeur·euses, des photographes d’œuvres, des monteur·euses d’exposition, des technicien·nes audiovisuels, des transporteur·euses spécialisé·es, des assureur·euses d’œuvres, des médiateur·ices culturels, des guides, des traducteur·ices, des équipes de communication, de production, d’accueil et de surveillance.

Une exposition ne s’accroche pas seule.

Une sculpture de plusieurs tonnes ne traverse pas une frontière toute seule.

Une œuvre fragile ne se déballe pas sans compétence.

Une salle blanche ne devient pas un espace artistique sans travail, sans conception et sans technique.

🏺 VOUS AVEZ VÉCU GRÂCE AUX MÉTIERS D’ART

La création artistique se trouve également dans les objets qui nous entourent.

Il y a des céramistes, des potier·ères, des souffleur·euses de verre, des maîtres verriers, des ferronnier·ères d’art, des ébénistes, des menuisier·ères, des luthiers, des relieur·euses, des doreur·euses, des graveur·euses, des sérigraphes, des imprimeur·euses, des tapissier·ères, des tisserand·es, des brodeur·euses, des dentellières, des créateur·ices de bijoux, des maroquinier·ères, des modistes, des couturier·ères, des artisan·es du cuir, des mosaïstes, des restaurateur·ices de tableaux, de sculptures, de livres, de meubles ou d’instruments.

Il y a les artistes qui réalisent un décor pour le cinéma et ceux qui restaurent une fresque ancienne.

Ceux qui fabriquent un masque de théâtre, une marionnette, une prothèse de cinéma ou un costume d’opéra.

Ceux qui conçoivent un vitrail, une affiche, un meuble, un livre, une typographie ou un instrument de musique.

Leur travail se trouve dans les théâtres, les églises, les musées, les maisons, les films, les fêtes populaires, les carnavals et les espaces publics.

Ils préservent des gestes appris pendant des années.

Ils transmettent des savoir-faire qui disparaîtraient sans eux.

🎪 VOUS AVEZ ÉTÉ ÉMERVEILLÉ·ES PAR LE CIRQUE, LES MARIONNETTES ET LES ARTS FORAINS

Vous avez peut-être applaudi des acrobates, des trapézistes, des funambules, des jongleur·euses, des clowns, des contorsionnistes, des porteur·euses, des voltigeur·euses, des artistes aériens ou des manipulateur·ices d’objets.

Vous avez peut-être vu les créations du Cirque du Soleil, du Cirque Ronaldo, de Circuscentrum, de Latitude 50, de l’ESAC, de Carré Curieux, de Circus Katoen, de Collectif Malunés, de Feria Musica, d’Alexander Vantournhout, de MOVEDBYMATTER, de Side-Show, de La Cie du Poivre Rose, de Cirque Barbette ou de nombreuses compagnies indépendantes.

Vous avez peut-être découvert les marionnettes de Toone, des Royales Marionnettes, du Théâtre de la Guimbarde, du Théâtre des 4 Mains, du Théâtre du Tilleul, du Théâtre de Galafronie, du Théâtre des Zygomars, de Plansjet, de FroeFroe ou de compagnies qui jouent dans les écoles, les maisons de quartier et les centres culturels.

Un spectacle de cirque exige des années d’entraînement.

Une blessure peut interrompre une carrière du jour au lendemain.

Un artiste de cirque ne peut pas nécessairement continuer son métier jusqu’à soixante-sept ans comme on prolonge un emploi de bureau.

Son corps est son outil de travail.

Il s’use.

Il chute.

Il se blesse.

Et autour de lui travaillent également des créateur·ices, des monteur·euses, des technicien·nes, des constructeur·ices d’agrès, des chorégraphes, des costumier·ères, des musicien·nes et des régisseur·euses.

💃 VOUS AVEZ VU LEURS CORPS RACONTER DES HISTOIRES

Vous avez peut-être regardé de la danse classique, contemporaine, urbaine, jazz, folklorique, africaine, orientale, hip-hop, breakdance, flamenco ou des formes qui ne portent aucun nom simple.

Vous avez peut-être découvert le travail de Maurice Béjart, Anne Teresa De Keersmaeker, Michèle Anne De Mey, Sidi Larbi Cherkaoui, Wim Vandekeybus, Alain Platel, Frédéric Flamand, Pierre Droulers, Nicole Mossoux, Patrick Bonté, Karine Ponties, José Besprosvany, Thierry Smits, Louise Vanneste, Ayelen Parolin, Mercedes Dassy, Lisbeth Gruwez, Miet Warlop, Ula Sickle, Seppe Baeyens, Alexander Vantournhout, Jan Martens, Benjamin Vandewalle, Akram Khan ou de très nombreux chorégraphes et interprètes passés par la Belgique.

Vous avez peut-être vu leurs créations à Rosas, Charleroi danse, Ultima Vez, les Brigittines, La Raffinerie, deSingel, Kaaitheater, KVS, Vooruit, STUK, Théâtre de Liège, Théâtre National, BOZAR ou dans les festivals.

Mais un·e danseur·euse travaille depuis l’enfance.

Il ou elle répète pendant des mois pour quelques représentations.

Il ou elle prend soin de son corps, traverse les blessures, les auditions, les déplacements, les périodes sans engagement et souvent une reconversion précoce.

Derrière la danse se trouvent également des chorégraphes, des répétiteurs·ice, des dramaturges, des compositeur·ices, des musicien·nes, des créateur·ices lumière, des costumier·ères, des kinésithérapeutes, des technicien·nes, des producteur·ices et des administrateur·ices.

🎼 VOUS AVEZ ENTENDU LEURS ORCHESTRES, LEURS CHŒURS ET LEURS VOIX

Vous avez peut-être assisté à un concert de musique classique, contemporaine, ancienne, expérimentale ou lyrique.

Vous avez peut-être écouté le Belgian National Orchestra, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, le Brussels Philharmonic, l’Orchestre de la Monnaie, l’Orchestre royal de chambre de Wallonie, le Symfonieorkest Vlaanderen, Antwerp Symphony Orchestra, Brussels Jazz Orchestra, Ictus, Musiques Nouvelles, Oxalys, Het Collectief, La Petite Bande, Vox Luminis, Huelgas Ensemble, Collegium Vocale Gent, Chœur de Chambre de Namur, les orchestres des conservatoires ou les ensembles créés pour une production particulière.

Un orchestre n’est pas seulement son ou sa chef·fe.

Un opéra n’est pas seulement la voix principale.

Il y a les violonistes, altistes, violoncellistes, contrebassistes, pianistes, harpistes, flûtistes, hautboïstes, clarinettistes, bassonistes, cornistes, trompettistes, trombonistes, percussionnistes, choristes, chef·fes de chant, copistes, bibliothécaires musicaux, accordeur·euses, facteur·ices et réparateur·ices d’instruments.

Il y a les personnes qui composent, orchestrent, arrangent, répètent et transmettent la musique.

🎙️ VOUS AVEZ ENTENDU LEURS VOIX SANS TOUJOURS VOIR LEURS VISAGES

Vous avez peut-être reconnu une voix dans un dessin animé, un documentaire, un jeu vidéo, une publicité, un livre audio, une bande-annonce, une série étrangère ou un film doublé.

Derrière ces voix se trouvent des comédien·nes de doublage, des directeur·ices artistiques, des adaptateur·euses de dialogues, des traducteur·ices, des ingénieur·es du son, des monteur·euses, des technicien·nes de studio et des producteur·ices.

Vous avez peut-être écouté des créations radiophoniques, des feuilletons, des fictions, des podcasts, des documentaires sonores, des lectures, des chroniques ou des émissions musicales.

La radio est elle aussi un espace de création.

Une voix seule dans votre voiture peut être le résultat du travail d’une équipe entière.

📚 VOUS AVEZ APPRIS GRÂCE À LEURS PROFESSEUR·ES

Avant chaque artiste se trouve souvent un·e professeur·e.

Avant le premier rôle, il y a le cours de théâtre.

Avant le premier concert, le cours de musique.

Avant la première exposition, le cours de dessin.

Avant la première chorégraphie, le cours de danse.

Avant le premier film, une école, un atelier, une académie, un conservatoire ou un·e maître qui a transmis un geste.

Vous avez peut-être étudié ou connu quelqu’un qui a étudié à : La Cambre, l’INSAS, l’IAD, l’ERG, l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, l’ESA Saint-Luc Bruxelles, l’ESA Saint-Luc Liège, l’ESA Saint-Luc Tournai, ARTS² à Mons, l’École supérieure des Arts du Cirque, le Conservatoire royal de Bruxelles, le Conservatoire royal de Liège, le Conservatoire royal de Mons, le Conservatoire royal d’Anvers, le Conservatoire royal de Gand, LUCA School of Arts, KASK & Conservatorium, RITCS, P.A.R.T.S., Sint Lucas Antwerpen, Sint-Lucas Gent, La Chapelle musicale Reine Élisabeth, une académie communale de musique, de danse, des arts de la parole ou des arts plastiques, une école de cirque, une école de cinéma, un atelier de photographie, un cours de sculpture, de gravure, de céramique, de chant ou de bande dessinée.

Dans ces écoles travaillent des professeur·es de dessin, de peinture, de sculpture, de photographie, de cinéma, de théâtre, de diction, d’éloquence, de chant, d’instrument, de danse, de scénographie, de costume, de réalisation, de montage, d’écriture, de composition, de design, d’architecture intérieure, de bande dessinée, d’illustration et d’arts numériques.

Ces professeur·es ne sont pas en dehors du monde artistique.

Ils et elles en sont une colonne vertébrale.

Beaucoup enseignent tout en continuant à créer.

Ils et elles donnent cours le jour, répètent le soir, jouent le week-end, préparent une exposition, écrivent une pièce, dirigent un atelier ou enregistrent un projet.

Ils et elles forment les personnes qui créeront demain les films, les spectacles, les concerts, les illustrations, les bâtiments, les objets et les histoires de notre société.

La transmission artistique est elle aussi un travail.

🏛️ VOUS AVEZ HABITÉ DES ESPACES IMAGINÉS PAR DES CRÉATEUR·ICES

L’architecture, le design et la scénographie font eux aussi partie du monde artistique.

Nous vivons dans des bâtiments, des places, des parcs, des intérieurs et des objets pensés et dessinés par des personnes.

Il y a des architectes, architectes d’intérieur, urbanistes, paysagistes, designers d’objets, designers graphiques, designers textiles, typographes, illustrateur·ices, scénographes, concepteurs·ice lumière et créateur·ices d’espaces.

Ils et elles dessinent les lieux où nous vivons, travaillons, apprenons, nous rencontrons et découvrons la culture.

Ils et elles conçoivent également les décors de théâtre, les plateaux de télévision, les stands, les musées, les parcours d’exposition et les espaces de festivals.

🎮 VOUS AVEZ JOUÉ DANS LES MONDES QU’ILS ET ELLES ONT CRÉÉS

Le jeu vidéo, l’animation, les effets visuels et la création numérique appartiennent également aux filières artistiques.

Derrière un jeu, un film d’animation, une expérience virtuelle ou une installation interactive se trouvent : des concepteur·ices de jeux, des scénaristes, des artistes 2D et 3D, des animateur·ices.

Et derrière cette multitude de disciplines se trouvent toujours la même chose : des personnes qui travaillent, qui créent, qui transmettent et qui cotisent.

Et votent

🖼️ VOUS AVEZ VISITÉ LEURS EXPOSITIONS

Vous êtes peut-être entrés à BOZAR, au Musée Magritte, aux Musées royaux des Beaux-Arts, au WIELS, à La Centrale, au Botanique, au MACS, au BPS22, au Musée de la Photographie de Charleroi, à La Boverie, au Musée Félicien Rops, au Grand-Hornu ou au Musée Hergé.

Vous avez peut-être visité le KMSKA, le M HKA, le S.M.A.K., Mu.ZEE, le Middelheimmuseum, le Museum M, le MAS, le Red Star Line Museum, le Design Museum Gent, le Fotomuseum Antwerpen, le Roger Raveelmuseum, le Museum Dr. Guislain ou Z33.

Vous avez peut-être assisté à Art Brussels, Museum Night Fever, Europalia, PhotoBrussels, la Zinneke Parade ou à une exposition consacrée à Magritte, Ensor, Delvaux, Alechinsky, Raveel ou Hergé.

Mais une exposition ne s’accroche pas toute seule.

Elle mobilise des artistes, des commissaires, des scénographes, des restaurateur·ices, des régisseur·euses d’œuvres, des graphistes, des transporteur·euses, des éclairagistes, des médiateur·ices et des technicien·nes.

⚠️ NOUS NE SOMMES PAS UNE PETITE POIGNÉE DE VEDETTES

Les travailleurs et travailleuses des arts sont partout.

À Bruxelles, Liège, Charleroi, Namur, Mons, Tournai, Verviers, Arlon et Louvain-la-Neuve.

À Anvers, Gand, Bruges, Louvain, Malines, Hasselt, Courtrai et Ostende.

Dans les films primés à Cannes et dans les courts métrages vus par deux cents personnes.

Dans les grands théâtres et dans les petites compagnies sans lieu fixe.

Dans les festivals internationaux et dans les centres culturels communaux.

Dans les studios de télévision, les académies, les salles de concert, les musées, les spectacles scolaires et l’art dans la rue.

Dans un film, nous sommes parfois trente, cinquante ou cent.

Dans une pièce, nous sommes les comédien·nes visibles, mais aussi toute l’équipe qui permet à la représentation d’exister.

Dans un festival, nous sommes des centaines.

Dans un happening, nous ne sommes parfois que quatre ou cinq.

Multipliez cela par des dizaines de milliers de créations et de projets.

Vous comprendrez alors que nous ne parlons pas d’une poignée de vedettes.

Nous parlons de dizaines de milliers de personnes.

Certain·es deviennent célèbres.

La plupart ne le deviennent jamais.

Mais leur travail reste du travail.

Le visage que vous reconnaissez dans une série peut avoir passé vingt ans à interpréter de petits rôles, jouer dans des salles de quatre-vingts places, doubler des personnages, animer des ateliers et enchaîner des contrats de quelques jours.

Une personne peut être acteur·ice, chanteur·euse, danseur,·euse metteur·euse en scène, doubleur·euse, créateur·ice d’événements et animateur·ice radio au cours d’une seule carrière.

Sa carrière ne cesse pas d’exister parce que son nom n’est pas écrit en haut de l’affiche.

📢 LA CULTURE N’EST PAS TOMBÉE DU CIEL

Vous avez aimé Bla-Bla et Samson en Gert.

Vous avez aimé Faux Contact et Buiten De Zone.

Vous avez aimé Melting Pot Café et Het Eiland.

Vous avez aimé La Trêve, Flikken, Witse, De Parelvissers ou Van Vlees en Bloed.

Vous avez aimé Le Grand Cactus, Strip-Tease, In de Gloria et Alles Kan Beter.

Vous avez ri devant C’est arrivé près de chez vous.

Vous avez été bouleversé·es par Rosetta, Daens, La Merditude des choses, Bullhead ou The Broken Circle Breakdown.

Vous avez chanté Arno, Maurane, Pierre Rapsat, Axelle Red, Vaya Con Dios, Clouseau, Gorki, dEUS, Hooverphonic et Stromae.

Vous avez applaudi au Botanique, au Théâtre National, au Théâtre de Liège, au Forum, au Public, au Parc, aux Galeries, à la KVS, au NTGent, au Toneelhuis, à Vooruit ou à deSingel.

Vous avez dansé à Dour, à Couleur Café, à Rock Werchter, à Pukkelpop, à Tomorrowland, aux Ardentes, aux Francofolies ou aux Nuits Botanique.

Vous avez traversé des moments difficiles avec une chanson dans les oreilles.

Vous avez oublié vos soucis pendant une heure et demie dans une salle de cinéma.

Vous avez emmené vos enfants voir un spectacle.

Vous avez partagé un film avec vos parents.

Vous avez pleuré devant un personnage qui ressemblait un peu à quelqu’un que vous aviez perdu.

Vous avez ri alors que votre journée avait été mauvaise.

Vous avez rêvé d’une autre vie.

Tout cela a été fabriqué par des personnes.

Ces personnes ont travaillé pendant que vous regardiez.

Elles ont cotisé pendant que vous applaudissiez.

Elles ont accepté des carrières discontinues parce que leur métier fonctionne par projets, contrats, productions et spectacles.

Aujourd’hui, certaines arrivent à l’âge où elles devraient pouvoir compter sur les droits qu’elles pensent avoir constitués pendant trente ou quarante années de travail et de cotisations.

Elles ne sont pas toutes célèbres.

Elles ne sont pas toutes riches.

Certaines vivent déjà avec des revenus modestes et irréguliers.

Et certaines craignent aujourd’hui que de nouvelles règles réduisent brutalement la reconnaissance de leur carrière et le montant de leur future pension.

Nous avons cotisé selon les règles qui existaient.

Nous avons organisé nos vies et nos carrières selon ces règles.

Et aujourd’hui, nous avons le sentiment que l’on nous retire, au moment d’arriver au terme de notre carrière, une partie de ce que nous avions construit par notre travail et nos cotisations.

C’est cela qui nous paraît profondément étrange.

Et profondément injuste.

Ce ne sont pas seulement des chiffres dans un tableau.

Ce sont les personnes qui ont fabriqué vos souvenirs.

Regardez les génériques jusqu’au bout.

Regardez celui de Melting Pot Café.

Regardez celui de La Trêve.

Regardez celui de Het Eiland.

Regardez celui de Witse.

Regardez celui de Rosetta.

Regardez celui de La Merditude des choses.

Regardez celui de C’est arrivé près de chez vous.

Regardez le programme d’une pièce, d’un concert, d’un spectacle de danse, d’une exposition ou d’un festival.

Regardez les noms.

Lisez-les.

Vous comprendrez que la culture n’est pas constituée de dix célébrités.

Elle est constituée de milliers de carrières.

Derrière chaque nom, il y a une personne.

Derrière chaque personne, il y a des années de formation et de travail.

Derrière chaque carrière, il y a des contrats, des cachets, des répétitions, des tournages, des représentations et des cotisations.

Une loi peut être votée en quelques heures.

Mais elle ne devrait pas pouvoir effacer trente ou quarante années de travail.

Nous ne demandons pas que vous connaissiez chacun de nos noms.

Nous vous demandons simplement de comprendre ce qu’ils représentent.

Des vies entières consacrées à créer.

Des vies entières consacrées à transmettre.

Des vies entières consacrées à rendre la vôtre, parfois, un peu plus légère.

Sans ces femmes et ces hommes, beaucoup de vos souvenirs n’existeraient pas.

Sans eux, vos écrans seraient noirs.

Vos scènes seraient vides.

Vos festivals seraient silencieux.

Vos musées seraient des murs nus.

Vos rues auraient connu moins de poésie.

Et nos vies à tous seraient beaucoup moins vivantes

Ce  texte n’a jamais eu la prétention d’être exhaustif. C’est impossible. Si l’on voulait citer tous les métiers qui participent à la culture, il faudrait parler aussi des maquilleur·euses, coiffeur·euses, accessoiristes, constructeur·ices, régisseur·euses, preneur·euses de son, éclairagistes, secrétaires de production, catering, chauffeur·euses, agent·es d’accueil, sécurité, administration, communication… et la liste serait sans fin.

Mon intention était différente.

Je voulais surtout rappeler aux personnes qui ont voté cette réforme les œuvres, les spectacles, les films, les émissions, les festivals, les artistes et les projets culturels qui ont marqué leur vie, afin qu’elles réalisent que derrière chacun d’eux se trouvent des milliers de travailleur·euses qui ont consacré leur vie à la culture.

Les noms cités sont donc forcément subjectifs et ne représentent qu’une infime partie du secteur. Leur absence ne signifie en aucun cas qu’un métier, une personne ou une discipline est moins importante qu’une autre.

Si certains souhaitent compléter le texte avec d’autres métiers, d’autres artistes ou d’autres projets, ils sont évidemment les bienvenus. L’objectif est justement qu’il s’enrichisse collectivement.

Ne prenez  donc surtout pas cette absence comme quelque chose de personnel. Ce n’est pas le cas. Le texte est simplement le fruit de nombreuses heures de travail et il restera, quoi qu’il arrive, incomplet tant le monde de la culture est vaste.

Je n’ai pu citer tout le monde… du reste il aurait fallu mais bon. Veuillez vous considérer dans la liste et vous y ajouter à volonté  bien entendu.

Relayez. Partagez à des personnes ressources, journalistes, personnalités… et pourquoi pas aux votants. Pour une fois, unissons-nous et utilisons notre force de réseau incroyable. 

Merci

Fabrice Boutique