Adrian Brine est décédé ce matin

Adrian Brine, ami et metteur en scène est décédé ce matin.

Cela fait 52 ans qu’Adrian travaillait chez nous, comme metteur en scène où il était reconnu pour ses qualités exceptionnelles d’excellent et de très exigent directeur d’acteur. Adrian a aussi joué dans une quarantaine de films et une trentaine de téléfilms, avec notamment Robert Altman, André Téchiné et tant d’autres réalisateurs anglais, français, hollandais, etc.

Adrian était avant tout un amoureux des acteurs. Etre dirigé par Adrian, c’était comme travailler de la dentelle de Bruges. Un directeur d’acteur très précis et tellement généreux. On pouvait décortiquer la précision d’un mot pendant des heures à table ou sur le plateau, sa traduction aussi, ses multiples sens donc. Hors pair l’Adri ! Car il était comédien lui-même et cela trompe rarement. 

Sa première mise en scène en Belgique, ce fut au théâtre de Poche en 1964.

Depuis lors il n’a jamais quitté le théâtre belge, même si il a régulièrement mis en scène à l’étranger, à Paris, en Angleterre ou en Hollande ou en Turquie. Même si il a joué en tant qu’acteur un peu partout. Même si il a aussi écrit un essai sur Shakespeare. 

Adrian a passé plus de 43 ans comme metteur en scène invité au Rideau de Bruxelles, ce qui est un record chez nous ! Il a travaillé également dans d’autres théâtres fidèles, comme le National ou les Galeries ou encore le Théâtre Royal du Parc ou le Poche.

En 1996, Adrian a obtenu une nomination au Molière du meilleur metteur en scène pour « Un Mari Idéal » d’Oscar Wilde au Théatre Antoine.

Sa dernière pièce sera donc celle qu’il a mis en scène récemment, en octobre 2015, au Théâtre de la Valette avec Suzanne Colin et Léonil Mc Cormick : « Sarah et le cri de la Langouste » de John Murrell. C’est la dernière fois que je l’ai vu. 

C’est avec une grande émotion que je me remémore à mon tour tout ce qu’Adrian m’a personnellement appris dans ce métier, dans les nombreuses pièces où il m’a dirigé en toute complicité à chaque fois grandissante : d' »Arcadia » de Tom Stoppard à « Parole et Guérison » de Christopher Hampton en passant par « Art » de Yasmina Reza …

C’est encore un grand homme du Théâtre belge qui s’en va et aussi une partie de son histoire qui nous quitte. C’est surtout un véritable ami que je ne verrai plus et un maître qui part, car ce mot lui convenait sans prétention aucune !

Bye bye Adri ! On t’aime et tu nous manques tellement ! J’ai du mal à regarder toutes ces photos qui rappellent tant de bons souvenirs. 

Va, là où tu sais qu’il faut aller. Ta route est belle et grande. Trace l’ami, trace !

Pour l’Union,
Pierre Dh. 

 

IMG_0267.JPG